Fuites de mercaptan chez SCORI (ML)


Frontignan (Hérault) :

évacuation, sous contrôle, d’un gaz dangereux

 

Le 11 décembre des fûts contenant du Mercaptan avaient été livrés par erreur à l’usine de traitement Scori. Une nuage de gaz malodorant s’était alors propagé au-dessus du Bassin de Thau.

 

Les quelque 40 litres de mercaptan livrés par erreur, le 11 décembre dernier, à l’usine Scori de La Peyrade ont commencé à être évacués lundi soir. L’opération devrait se poursuivre encore trois nuits.

Minimiser au maximum toute émanation lors du transfert

Les modalités d’évacuation ont été définies selon un protocole présenté par l’usine de retraitement des déchets industriels (groupe Suez environnement) et accepté par la Dreal (direction régionale de l’environnement) : le liquide sera pompé vers des camions-citernes spéciaux, « afin de minimiser au maximum toute émanation lors du transfert et du passage des camions », indiquait hier la préfecture, ajoutant : « Il n’est pas absolument exclu que ces opérations puissent ponctuellement donner lieu à quelques nuisances olfactives ». C’est la raison pour laquelle elles se déroulent de nuit.

Evacués le jour même de l’incident

Les produits seront transportés et éliminés à la plate-forme d’incinération des déchets industriels de Rognac (Bouches-du-Rhône). Quant aux containers d’une capacité d’1m3 dans lesquels le liquide se trouvait, ils ont été évacués le jour même de l’incident. Le lot provenait de la Sobegi, une plate-forme de regroupements de déchets industriels des Pyrénées-Atlantiques.

Un gaz nauséabond utilisé pour “parfumer” le gaz de ville

Rappelons les faits : le 11 décembre dernier donc, un nuage de gaz à forte odeur de mercaptan, un gaz nauséabond utilisé pour “parfumer” le gaz de ville et classé officiellement comme toxique par inhalation et dangereux pour l’environnement, survolait l’étang de Thau jusqu’à Pézenas, générant de nombreuses interventions des pompiers et services de secours, le confinement des élèves à Mèze et la mobilisation de nombreux habitants.

Toxique qu’à de très fortes concentrations

L’inspection des installations classées qui dépend du ministère de l’Écologie s’était rendue sur le site et attend désormais un rapport complet sur l’incident. D’ores et déjà, il a été demandé à Scori « de renforcer son protocole d’admission des déchets », ajoute la préfecture. Gaz soufré, le mercaptan, dont le nom chimique est méthanéthiol, n’est toxique qu’à de très fortes concentrations « qui n’ont pas été atteintes lors de l’incident. Cela est avéré, garantit la préfecture. Il faut savoir que le mercaptan est détecté olfactivement à un seuil très bas, 20 000 fois inférieur au seuil toxique. »

La Ville de Frontignan, se basant sur le fait que ces déchets n’auraient jamais dû être acceptés ni traités à Scori, a écrit à la Dreal « afin de demander l’ouverture d’une enquête ». L’association Action risque zéro Frontignan s’est également inquiétée des « conditions de sécurité sur le site ».

Le Midi libre du 11 décembre 2013

 

 

 

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *